Cécile FLACELIERE
  • Émotions

    Hypervigilance et anxiété chez les personnes sensibles

    Comprendre ce qui se joue… et retrouver de l’apaisement

    femme marchant seule au bord de l'océan symbolisant l'hypervigilance et l'anxiété chez les personnes sensibles – retrouver l’apaisement et la sécurité intérieure

    Quand on est sensible, hypersensible, à haut potentiel, l’anxiété peut prendre des formes différentes mais elle est souvent là,  de façon diffuse, latente, et surtout épuisante.


    Un fond de vigilance permanent.
    Un mental qui anticipe.
    Un corps qui ne se relâche jamais vraiment même dans les moments de repos.

    Si tu te reconnais dans cette façon d’être toujours un peu en alerte, l’anxiété peut être en lien avec une hypervigilance profondément installée.

    Et ce n’est pas qu’un « symptôme » à traiter, 
    C’est avant tout une stratégie de protection.

    Hypervigilance : quand le système nerveux ne se sent pas en sécurité

    L’hypervigilance correspond à un état dans lequel le système nerveux reste mobilisé, comme s’il devait prévenir un danger imminent.

    Chez les personnes sensibles, cela peut se manifester par :

    • une difficulté à se détendre en profondeur

    • une attention constante à l’ambiance, aux émotions des autres,

    • une peur de mal faire, de décevoir ou d’être rejeté·e

    • un besoin de contrôle pour éviter l’imprévu

    • une fatigue de fond, qui devient chronique même sans raison apparente

    Ce n’est pas « dans la tête ».
    C’est dans le corps, dans le système nerveux autonome.

    Quand celui-ci n’a pas intégré une sensation suffisante de sécurité, il reste en mode protection, même lorsque le danger n’est plus là.

    Sensibilité et anxiété : un lien fréquent mais aussi une opportunité

    Être sensible, c’est percevoir finement, subtilement, chaque détail est important :

    • les nuances émotionnelles

    • les micro-changements relationnels

    • les tensions, les non-dits, les ambiances

    Cette capacité subtile est une richesse.
    Mais elle peut aussi devenir envahissante, épuisante lorsque la sécurité intérieure n’est pas suffisamment solide et installée.

    Beaucoup de personnes sensibles ont appris très tôt à :

    • s’adapter, se sur-adapter

    • prendre soin (des autres, des relations, de l’ambiance en général)

    • être prudent.es

    • mettre leurs besoins de côté

    Elles ont très tôt mobilisé une  intelligence émotionnelle de survie.

    L’hypervigilance devient alors une manière de rester relié·e, accepté·e, en sécurité.

    Quand l’anxiété parle d’un besoin plus profond

    L’anxiété n’est pas seulement un symptôme à faire taire.
    Comme toutes les émotions, elle porte un message.

    Elle est une information et elle parle de nos besoins :

    • sécurité

    • stabilité

    • reconnaissance intérieure

    Chez les personnes sensibles, elle peut aussi être liée à :

    • la peur de déranger

    • la difficulté à poser des limites

    • une culpabilité diffuse à exister pleinement

    • l’impression de ne jamais pouvoir “se poser” et se sentir « tranquille »

    Apaiser l’anxiété ne consiste pas à se forcer à aller bien, ni vouloir se détendre à tous prix
    mais à écouter ce qui, en soi, n’a jamais vraiment été rassuré, réconforté, accueilli.

    Apaiser l’hypervigilance : par où commencer ?

    Il ne s’agit pas de se contrôler,
    ni de lutter contre ses pensées.

    L’apaisement commence souvent par le corps, avant le mental.

    1. Redonner au corps des signaux de sécurité

    Respiration lente, contact avec le sol, chaleur, mouvements doux…
    Tout ce qui informe le système nerveux que le danger n’est plus là.

    Pratiquer des approches psychocorporelles telles que l’hypnose, la méditation, l’ancrage, la visualisation, le tapping,

    commencer par quelques minutes par jour, c’est très bien.

    2. Sortir du mental…

    Chez les personnes sensibles, penser, analyser, remonter dans la tête est souvent comme un refuge.
    Mais le corps a aussi besoin d’être écouté, d’être mis en mouvement.

    Observer ses sensations, sans chercher à les analyser, permet à la vigilance de se relâcher progressivement.

    3. Créer des espaces de relâchement émotionnel

    Écriture, parole, expression créative…
    Ce qui n’est pas exprimé reste stocké dans le corps et alimente l’anxiété.

    Il ne s’agit pas de tout comprendre, mais de laisser circuler, remettre de la fluidité.

    4. Apprendre à s’écouter sans se juger

    Pour de nombreuses personnes, l’anxiété est une émotion à « gérer » et souvent cela s’accompagne de reproches envers soi-même, de critiques et de comparaisons : « les autres ne sont pas anxieux comme moi », « je n’arrive pas à gérer mes émotions »...
    Or, se juger renforce l’insécurité.

    L’autocompassion est une clé essentielle pour apaiser l’hypervigilance et l’insécurité.

    L’apaisement ne vient pas « en faisant plus », 
    mais en étant enfin re-connecté.e à soi.

    Et si l’hypervigilance n’était pas l’ennemie ?

    Poser un autre regard sur l’hypervigilance peut devenir un indicateur précieux de ses limites, un signal de fatigue ou de sur-adaptation, une invitation à se recentrer sur soi.

    Elle n’a pas vocation à disparaître totalement,
    mais à se transformer, à s’assouplir et à te laisser de l’espace.

    Quand la sécurité intérieure grandit, l’anxiété s’apaise.

    Retrouver un espace intérieur calme et sécure

    Il n’y a pas de recettes magiques pour s’apaiser et construire sa sécurité interne.
    C’est un chemin progressif, respectueux, bienveillant où un pas après l’autre, tu vas créer cet espace familier dont tu as besoin.

    Un chemin qui invite à :

    • écouter ce qui se vit à l’intérieur de toi,

    • accueillir ta sensibilité comme une ressource

    • créer un ancrage solide sur lequel tu peux t’appuyer quand tu as besoin

    • sortir de la lutte contre toi-même qui renforce les résistances et apprendre à t’accepter, à lâcher prise sur ce qui ne passe pas/plus par toi.

    Tu n’es pas responsable de ce que tu as traversé durant ton enfance.
    Mais aujourd’hui, tu peux peu à peu reprendre ta place, ton espace, et redevenir souverain·e de ton monde intérieur.

    Pour aller plus loin

    Si ces mots te parlent,
    si tu te reconnais dans cette vigilance et que ce travail te semble juste, 
    j’anime régulièrement des ateliers en ligne pour les adultes, autour de la sensibilité, des émotions, de la sécurité intérieure, de la confiance….

    Des espaces pour comprendre, ressentir, intégrer…
    et surtout ne plus être seul·e avec ce que l’on vit, car pouvoir le partager dans un espace sécure et attentif est profondément réparateur.

    Découvrir :  les ateliers en ligne « Au cœur de la sensibilité » 

    AUTRES RESSOURCESMéditation du scan corporel pour revenir à l’instant présent 

    A lire aussi : pour mieux comprendre la haute sensibilité et ses particularités,  les travaux d’Elaine Aron, chercheuse pionnière sur le sujet : The Highly Sensitive Person.